GFENDR, L’APPLICATION QUI AMÉLIORE LA SÉCURITÉ DES TRAVAILLEUSES DU SEXE

ACTUALITÉS | 7 février 2018

Claudelle Nielly-Thibault

Une nouvelle application mobile, créée par une équipe multidisciplinaire en sciences sociales et en informatique, offre un espace de rencontre entre clients et travailleuses du sexe dans le but ultime d’éviter les violences et les mauvaises rencontres.

 

Appelée GFENDR, cette application est une plateforme qui permet le chat  avec les clients et qui propose un système d’évaluation de ces derniers par les travailleuses. Il s’agit d’une nouveauté en comparaison aux sites d’escortes habituels dans lesquels l’évaluation est faite par le client. Selon le site de l’application, cela permettrait de filtrer les clients selon leur bonne ou leur mauvaise réputation et ainsi éviter ceux qui seraient difficiles ou dangereux.

 

La façon dont fonctionnent les « matchs » entre clients et travailleuses est basée sur les services offerts par les utilisatrices. Ainsi, le client qui désire quelque chose de particulier ne sera mis en contact qu’avec celles qui offrent ce service.

 

Il faut également mentionner que le processus est totalement gratuit et confidentiel. Aucune géolocalisation n’est effectuée et toutes les données des utilisateurs et des utilisatrices sont cryptées dès l’inscription.

 

En ce qui a trait à la légalité de cette initiative, la cofondatrice Mélissa Desrochers avoue qu’ils « essaie[nt] de naviguer à travers les lois qui sont en place au Canada. » Elle affirme qu’ils ne font pas la promotion de la prostitution, ce qui est illégal, mais fonctionnent plutôt selon une logique de réduction des méfaits puisque la prostitution existe et qu’elle n’est pas près de disparaître.

 

Éliane Legault-Roy, porte-parole de la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES), un organisme plutôt abolitionniste, émet des doutes quant aux résultats que l’on peut attendre de ce type d’application. Selon elle, puisque la violence est imprévisible, un système de notation des clients pourrait ne pas protéger efficacement les travailleuses. Elle ajoute que l’application est un projet intéressant, mais qu’au-delà de la réduction des méfaits, elle devrait également comporter des composantes qui préviendraient l’entrée des femmes dans le monde de la prostitution et qui pourraient les aider à en sortir.

 

Référence

http://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/sur-le-vif/segments/entrevue/56554/prostitution-internet-gfendr-travailleuse-sexe

 

Source

http://gfendr.ca/fr/

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