LE GRAND PRIX ET LE TRAVAIL DU SEXE : C’EST QUOI LE COÛT D’UNE RUMEUR?

ACTUALITÉS | 7 juin 2017

Claudelle Nielly-Thibault

Face aux multiples campagnes récemment lancées en prévision du weekend du grand prix, l’organisme Stella, qui vient en aide aux travailleuses du sexe, a réagi en publiant le message « C’est quoi le coût d’une rumeur? : les travailleuses du sexe évitent les policiers pendant le Grand Prix ». On y dénonce ces campagnes qu’on accuse d’être des campagnes de peur. « Les médias, policiers et élus font face à […] des affirmations non fondées et de plus en plus intenses que le Grand Prix est un lieu où les femmes sont "exploitées sexuellement" dans l'industrie du sexe. »

 

Selon Stella, dans les faits, il n’y aurait pas de lien entre l’augmentation de la traite humaine, l’exploitation sexuelle et l’industrie du sexe pendant le Grand Prix. On y cite un article de Global Alliance Against Traffic in Women (GAATW) expliquant que « ces rumeurs persistent malgré un manque de preuves parce que c’est un moyen utile d’attirer l’attention des médias ou du public. Elles justifient les mesures de contrôle social en "cultivant la panique morale" ». Selon l'organisme « En comparaison, encourager une discussion plus approfondie sur les droits des migrants et les stratégies de survie peut entrainer une réaction xénophobe ou raciste et moins d’intérêts publics, médiatiques et des donateurs. »

 

Ainsi, Stella affirme que c’est malgré cette absence de preuves que sont mises en place ces campagnes ainsi que l’augmentation de la répression policière, toutes financées par le gouvernement. On peut lire dans le communiqué que  « Les campagnes autour du Grand Prix visent un seul objectif : le harcèlement des femmes qui travaillent dans l'industrie du sexe. Depuis plusieurs années, à Montréal, cette confusion et les rumeurs partagées sans être vérifiées ont causé une plus grande présence des policiers dans la vie des travailleuses du sexe, ce qui représente une atteinte claire à nos droits fondamentaux. »

 

De plus, l’organisme affirme que cette soudaine envie de « protéger les femmes » s’actualiserait le plus souvent par un harcèlement de la part des policiers ainsi que par la détention et l’expulsion de travailleuses du sexe migrantes. En fait, selon Stella, « les campagnes de lutte contre la traite humaine sont souvent des campagnes contre l’immigration. » Il va sans dire que toute cette répression est une barrière de plus qui empêche les travailleuses du sexe d’avoir des conditions de travail décentes en décourageant la dénonciation d’actes de violence ou d’exploitation.

 

Stella tient à adresser un message au maire : « Plutôt que de gaspiller plus des [sic] ressources pour promouvoir de la recherche qui manque de nuance et n'est pas basée dans les réalités des travailleuses du sexe, [il] devrait utiliser les ressources de la ville pour investir dans des collectivités saines et des espaces de travail sécuritaires pour tous. Quand ces mêmes politiciens prétendront en novembre et décembre défendre les droits et la sécurité des femmes, nous continuerons à être sur le terrain dans notre communauté pour nettoyer le gâchis que nous aura laissé cette répression policière et ces campagnes de peur. »

 

Référence

https://www.facebook.com/www.chezstella.org/

 

Source

Les 3 Sex*

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