POUR EN FINIR AVEC LA VIOLENCE SEXUELLE COMME ARME DE GUERRE

ACTUALITÉS | 21 juin 2017

Claudelle Nielly-Thibault

Pour la Journée internationale pour l’élimination de la violence sexuelle en temps de conflit, un gynécologue récipiendaire du Prix Sakharov (récompensant une personne ayant « apporté une contribution exceptionnelle à la lutte pour les droits de l'homme dans le monde ») a lancé un message à l’Union européenne la pressant d’agir pour interdire le viol comme arme lors de conflits.

 

Tout comme ont été interdites les armes chimiques et les mines antipersonnel, on désire éradiquer ces pratiques pour « limiter pertes civiles et souffrances inutiles ». En effet, même si elles sont peu médiatisées, les violences sexuelles en temps de guerre seraient extrêmement efficaces en plus de n’être reliées à aucun coût comme le seraient les armes.

 

« En zone de conflits, forces armées et bandes organisées violent femmes et filles, mais aussi hommes et garçons, dans le but de déplacer, punir et terroriser les populations civiles. » Parfois, c’est le gouvernement en place qui utilise ces sévices comme techniques d’interrogatoire.


« Les violences sexuelles incluent viols collectifs, viols publics et l’insertion forcée d’armes et autres objets divers. Les victimes peuvent aussi bien être des vieillardes que des enfants et parfois même des nourrissons. »

 

Parmi les conséquences de ces actes, on peut nommer les traumatismes physiques et psychologiques, la destruction des liens familiaux et la propagation d’ITSS. Des communautés entières en sont marquées à vie.

 

Le processus qui a été suivi afin d’interdire les armes chimiques et les mines antipersonnel comportait plusieurs étapes. On débutait par de la sensibilisation au niveau mondial, ensuite on renforçait les normes par le moyen de  cadres légaux pour finir par une intériorisation du caractère abject de ces armes et un rejet par les pays. On espère pouvoir suivre ce même processus pour les crimes sexuels, mais c’est loin d’être gagné d’avance puisqu’on observe une certaine banalisation de ceux-ci par la communauté internationale.

 

Par exemple, en mai, le président de la République des Philippines, Rodrigo Duterte, a tenu les propos suivants : « Je serai emprisonné pour vous. Si vous en violez trois, je dirais que je l'ai fait. Mais si vous en marriez quatre, fils de pute [sic] vous serez battus ». À l’époque, cette allégation de M. Duterte n’avait mené à aucune sanction puisque, selon son porte-parole, elle était censée être une plaisanterie visant à montrer son soutien à ses soldats.

 

Références

http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/06/18/l-engagement-de-tous-est-necessaire-pour-que-le-viol-comme-arme-de-guerre-ne-soit-plus-tolere_5146384_3232.html?utm_term=Autofeed&utm_campaign=Echobox&utm_medium=Social&utm_source=Facebook#link_time=1497787322

http://www.europarl.europa.eu/sakharovprize/fr/home/the-prize.html

https://www.rtbf.be/info/monde/detail_philippines-des-propos-pro-viol-du-president-duterte-justifies-comme-une-bravade?id=9618710

 

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