L’AMOUR ET LES RAPPORTS SEXUELS FAÇONNÉS PAR LA TECHNOLOGIE?

ACTUALITÉS | 13 mars 2018

Bien que les applications de rencontre en ligne existent depuis près de 25 ans, selon la journaliste et auteure Emily Witt, ce monde de rencontres virtuelles reste un « territoire inexploré ».

 

« Les anciens codes liés à la séduction et à la romance ne s’appliquent plus nécessairement aujourd’hui. (…) Plus nous utilisons ces applications, plus nous commençons à comprendre ce qui constitue une approche convenable, ce que sont des interactions polies et ce qu’il faut faire pour générer une romance avec une série de messages texte », raconte Emily Witt, l’auteure du livre Future Sex.

 

Évidemment, ces nouveaux changements sont suivis de règles – de normes implicites et d’un nouveau vocabulaire. La société et les entreprises s’adaptent et évoluent.

 

L’auteure rajoute « Les applications et les sites de rencontre ont constaté que les femmes étaient plus actives si la connotation sexuelle, voire pornographique, était enlevée de leur plateforme. On le remarque dans la présentation visuelle des applications ».

 

Un professeur américain de sociologie à la New York University, Eric Klinenberg, fait remarquer que les stigmates anciennement apposés aux sites Internet de rencontres sont de nos jours disparus. En effet, aujourd’hui, les rencontres en ligne sont la manière la plus commune de rencontrer un ou une partenaire ; 70 % des relations sexuelles aux États-Unis sont issues de ces applications de rencontre.

 

Eric Klinenberg précise « On interagit avec plus d’étrangers qu’on ne l’a jamais fait auparavant (…) On converse avec des personnes qui se retrouvent bien à l’extérieur de nos réseaux habituels, et l'on se donne la possibilité de développer des relations avec des personnes que l’on n’aurait jamais rencontrées sinon. C’est très excitant ».

 

Il peut y avoir des conséquences à l’utilisation de ces applications. Le sociologue estime que les illusions de choix peuvent entrainer une « surcharge cognitive ». Il y a effectivement beaucoup de choix sur les applications de rencontre ; les utilisateurs de ces applications peuvent alors devenir très sélectifs.

 

« Il est devenu trop simple de rejeter une personne qui n’est pas immédiatement très attirante physiquement ou intéressante dans les premières minutes d’une interaction, estime le professeur. Et je pense qu’on le fait (à nos dépens), parce qu’on ne découvre pas ce qui est distinctif ou excitant à propos d’une personne en prenant un café pendant 10 minutes au Starbucks » dit le professeur.

 

Ces technologies étant perçues comme médiatrices pour explorer et découvrir font toutefois preuve de préjugés existants. Les idées préconçues ont des répercussions sur les applications comme Tinder, par exemple. Mr Klinenberg dénonce : « (…) les chiffres démontrent que si vous êtes un homme asiatique et que vous utilisez une application de rencontres en Amérique du Nord, vous devez être significativement plus beau que l’homme blanc moyen pour obtenir le même niveau d’intérêt parce que vous êtes victime de discrimination et de préjudices. C’est également vrai pour les femmes afro-américaines, en comparaison avec les femmes blanches ».

La journaliste et auteure Emily Witt pense que la technologie n’est pas le bon chemin à prendre en terme de qualité de rencontre : « Il faut apprendre à parler de sexe et à articuler ses désirs, et c’est une conversation qui se fait en personne (…) ».

 

Référence

http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1088650/tinder-sexe-amour-application-south-by-southwest

 

Source

Non applicable

 

 

 

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