CONFÉRENCE ET DÉBAT SUR LA PLACE DES FEMMES TRANS* DANS LES MILIEUX FÉMINISTES

ACTUALITÉS | 14 mars 2018

L’organisation féministe Pour les droits des femmes du Québec (PDF-Q) présentait dimanche dernier une conférence intitulée « Sexe, genre et identité de genre » qui a eu lieu au Centre Rayons de femmes. Plusieurs personnes se sont donc inquiétées de la teneur de cette conférence en raison des revendications de la conférencière qui sont qualifiés de transphobes. Des critiques sur les réseaux sociaux réclamaient des lignes directrices pour les centres de femmes semblables à celles qui ont été mises en place dans les écoles de la CSDM pour le bien-être des jeunes trans*.

 

En effet, depuis des années, la position de la présidente de PDF-Q, Diane Guilbault, est qu’ « être femme n’est pas un choix ». Elle affirme que « le discours du transgenrisme repose sur la confusion et des mythes » et qu’il serait ainsi nuisible à la cause des femmes.

 

Mme Guilbault et l’organisation veulent démontrer que les récentes lois touchant l’identité de genre amènent un recul dans la sécurité et les droits des femmes. Elles expliquent entre autres que les prisons pour femmes sont maintenant accessibles aux détenues trans* (dont, selon un de leurs articles, la moitié serait des agresseurs) et aux gardiennes trans* qui, par leur statut de femmes, auront le droit de faire des fouilles à nu. Elles déplorent aussi que des athlètes trans* puissent faire de la concurrence déloyale dans les sports féminins, réduisant ainsi l’accès aux bourses pour les athlètes féminines. Finalement, elles critiquent le fait que les femmes trans* aient maintenant accès aux postes réservés aux femmes.

 

Diane Guilbault avait d’ailleurs vivement critiqué la nomination de Gabrielle Bouchard à la présidence de la Fédération des femmes du Québec. Sa légitimité en tant que porte-parole des femmes a été mise en doute puisqu’elle est née homme. Mme Guilbault avait mentionné qu’il ne suffisait pas d’affirmer qu’on se sent femme pour en être une. Elle avait alors fait la comparaison avec une personne blanche qui se donnerait le droit de parler au nom des personnes racisées, car elle « se sent noire ».

 

À l’époque, Mme Bouchard avait répondu à cette critique en disant que sa transition n’avait pas été une partie de plaisir et qu’elle avait eu la possibilité d’avoir une vision unique des problèmes d’égalité et de la marginalisation que peuvent vivre les femmes. Elle a pu voir les deux côtés du « plafond de verre », explique-t-elle dans une entrevue.

 

Elle avait été quelque peu surprise que sa nomination soit si controversée. « Nous en sommes toujours à un point où nous tolérons certaines identités, ou nous tolérons certaines personnes marginalisées… aussi longtemps qu’elles restent là où nous croyons qu’elles doivent être [traduction libre]», était-elle forcée de constater.

 

Encore une fois, ce débat permet de constater l’absence d’homogénéité dans les mouvements féministes.

 

Référence

http://nationalpost.com/news/canada/transgender-president-of-quebec-womens-group-faces-backlash-from-feminists

 

Sources

http://lautjournal.info/20171218/femme-trans-la-ffq-etre-femme-nest-pas-un-choix

https://www.facebook.com/events/162702941041598/

http://www.pdfquebec.org/documents/Reponse_AHQ.pdf

https://www.facebook.com/groups/1448781285396696/permalink/1998383540436465/

http://csdm.ca/wp-content/blogs.dir/6/f

 

 

 

 

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