UNE YOUTUBEUSE ET CONFÉRENCIÈRE TRANS VICTIME DE PROPOS HAINEUX SUR FACEBOOK

ACTUALITÉS | 13 avril 2018

Claudelle Nielly-Thibault

La jeune youtubeuse et conférencière Khate Lessard a récemment fait l’objet de propos haineux et dégradants visant son statut de femme trans.

 

Khate est une femme qui a décidé de vivre sa transition en Abitibi et qui utilise YouTube et ses talents de conférencière pour éduquer la population abitibienne et leur faire connaître la réalité des personnes trans. Une cause qui est malheureusement loin d’être gagnée.

 

En effet, une personne a récemment publié une des photos provenant du profil Tinder de Khate sur un groupe Facebook appelé « la Jungle Hardcore ». La publication disait (toutes les erreurs sont transcrites telles quelles): « Les apparence sont parfois trompeuse auriez vous pensez que ce-ci es un transexuel?? » S’en est suivi une foule de commentaires humiliants et dégradants tels que : « En tk  si jaurais  pas lu la description maurais  faite  fourrer dans lcul » et « Criss oui men au début jetais  content criss un match avec une belle fille non toer criss de degeulase ». Les gens sont même allés jusqu’à fouiller son passé pour publier des photos d’elle avant sa transition.

 

On peut même y lire une longue tirade sur « le monde horrible » dans lequel vivent les hétérosexuels qui doivent « prier » pour que leur « anus demeure vierge ».

Dans une interview avec Les 3 sex*, Khate Lessard a confié que malgré tout ce qu’elle a vécu depuis le début de sa transition, elle n’avait jamais rien subi d’aussi méchant. « J’ai l'impression de revivre mon secondaire», dit-elle. Elle mentionne avoir reçu par la suite une vingtaine de messages privés haineux disant que, puisqu’elle avait choisi de faire une transition, elle méritait d’être à la rue; qu’elle l’avait cherché. La situation a dégénéré jusqu’aux appels vidéos, ce qui l’a convaincu de faire appel à la police.

 

Expérience décevante; au poste de la ville d’Amos, le policier ne semblait nullement compréhensif envers la jeune femme, ni même être au courant de la réalité trans. « Il m’a même demandé comment ça s’écrivait », explique Khate. Il lui a dit que si elle voulait porter plainte, elle devait aller à Montréal, car Amos n’avait pas les ressources pour ce type de crime. Il lui aurait également dit que les filles mineures passeraient avant elle si elle portait plainte malgré tout. Cela prouve une fois de plus comment le corps policier peut être inapte à traiter avec des personnes trans, particulièrement en région. La situation est d’autant plus ironique que l’une des conférences animées par Khate vise à sensibiliser des policiers.

 

En terminant, pour certains, l’humour et la liberté d’expression justifient ce type de commentaires. Le groupe « la Jungle Hardcore » est d’ailleurs reconnu pour ce type blagues et pratiquement tout commentaire y est permis. Bien sûr, les gens qui fréquentent ce genre de page ne sont pas nécessairement représentatifs de l’ensemble de la population, même si nous savons que les personnes trans vivent effectivement de la discrimination. Cependant, une question demeure : Jusqu’où peut aller « l’humour »? À quel moment celui-ci devient-il de la discrimination et de l’incitation à la haine, surtout dans un cas comme celui-ci où on vise personnellement quelqu’un, photo incluse? Quand doit-on prendre des mesures? Qui les prendra?

 

Pour sa part, Khate est catégorique, ce n’était absolument pas de l’humour, mais de l’intimidation pure et simple.

 

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