À MONTRÉAL, UN COLLECTIF FÉMINISTE MANIFESTE CONTRE UN ORGANISME ANTIAVORTEMENT

ACTUALITÉS | 1er mai 2018

Dans le quartier Hochelaga, un groupe féministe se mobilise pour passer le message aux militants antiavortement que leur mouvement n’est pas le bienvenu à Montréal.

 

Samedi dernier, il y a eu un rassemblement tenu par la Riposte féministe. Le but était de protester contre la présence de la Campagne Québec-Vie dans des locaux de l’église Saint-Émile. Québec-Vie est accusé par la Riposte féministe de gérer une campagne qui humilie les Montréalaises se rendant dans des cliniques d’avortement.

 

Sonia Palato, la porte-parole du collectif, affirme qu’aujourd’hui, la lutte pour l’autonomie corporelle des femmes est encore d’actualité.

 

Georges Buscemi, le président de la campagne antiavortement avoue la tenue de prières et d’opérations de « secours des enfants à naître » près des cliniques qui offrent des services d’interruption volontaire de grossesse. Par contre, le président de Québec-Vie dément le caractère intimidant de ces activités. Il affirme : « Ni l'une ni l'autre ne sont conçues pour être culpabilisantes. Mais je dois dire que si les gens ressentent de la culpabilité, c'est en fait bien, parce que c'est un meurtre qu'elles s'apprêtent à commettre. C'est un signe de santé mentale ».

Québec-Vie se décrit sur son site web comme étant un mouvement de défense de « l’inviolabilité sur la vie humaine » et considère l’avortement comme « un crime contre l’humanité » et qui est une procédure « cruelle » qui s’acharne contre « les membres les plus vulnérables de notre société » (embryons et fœtus).

 

La Riposte féministe dénonce le fait que Québec-Vie est aussi contre les mariages homosexuels et contre l’aide médicale à mourir. Le président de la campagne, Georges Busceni ne le nie pas : « Le mariage, selon la raison, ça ne peut être qu'entre un homme et une femme, insiste-t-il. Appeler tout autre arrangement un mariage, c'est comme appeler un cercle un carré ».

La militante Sonia Palato explique que l’avortement est actuellement encore tabou. Elle précise que ce genre d’organisme pro-vie fragilise les avancées à ce sujet : « Quand il y a des gens comme ça, à l'entrée des cliniques, ça peut donner force à cette honte-là, expose-t-elle. Ensuite, si la personne décide d'aller de l'avant avec l'avortement, ça a des coûts psychologiques et émotifs extrêmement lourds quand on sait qu'il y a des gens qui considèrent que c'est un meurtre qu'on a commis ».

 

Selon Mme Palato, au Canada, le droit d’interrompre sa grossesse n’est toujours pas un acquis : « Il y a plusieurs régions où il y a peu de cliniques. Quand on doit faire plusieurs heures de route pour se faire avorter, ce n'est pas vrai que c'est accessible ».

 

Référence

http://www.lapresse.ca/actualites/grand-montreal/201804/28/01-5164414-un-collectif-feministe-se-mobilise-contre-un-organisme-antiavortement-a-montreal.php

 

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Non applicable

 

 

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