DÉPENDANCE À LA PORNO DÈS L’ÂGE DE HUIT ANS

ACTUALITÉS | 1er mai 2018

D’où proviennent les comportements de nature sexuelle et intrusive des enfants ? Pourquoi certains enfants peuvent-ils en venir jusqu’à forcer un autre enfant à lui faire des attouchements comme une fellation, par exemple ? Plusieurs chercheurs et intervenants s'alarment quant à ce phénomène émergeant qui a des impacts lourds sur les jeunes enfants exposés à la sexualité explicite. La pornographie serait à blâmer.

 

Selon la sexologue Stéphanie Houle, qui travaille à la commission scolaire des Affluents, la pornographie – facilement accessible et plus explicite que jamais – est de nos jours « le grand fléau ».

 

La sexologue remarque que les jeunes sont exposés à un âge de plus en plus précoce par le biais de l’Internet.

 

Un autre problème, toujours d’après la sexologue, est celui des enfants qui peuvent hâtivement devenir accros à ces images pornographiques : « Les enfants développent une dépendance extrêmement forte, et c’est presque instantané ».

 

Stéphanie Houle compare les émotions provoquées par le visionnement de la porno à celles générées par les films d’horreur : « Ça crée une émotion tellement forte que ça génère une hormone au cerveau. Ce n’est pas nécessairement une émotion agréable, mais elle est forte. L’enfant ne comprend pas ce qu’il voit. Sur le coup, ça cause un traumatisme, une anxiété. Ensuite, pour répondre à ses questions, il retourne voir. Et là, ça devient très insidieux. La dépendance s’installe très rapidement ».

 

Selon la directrice des services professionnels à la Fondation Marie-Vincent, la pornographie a un poids important sur les jeunes enfants. Elle explique : « Certains ont des symptômes de choc post-traumatique, ils ne comprennent pas du tout ce qu’ils ont vu et ils sont obsédés par ces images qu’ils ne savent pas comment classer dans leur tête ». Celle-ci dit avoir vu des cas d’enfants complètement dépendants à la porno :  On voit ça ici, c’est assez troublant. Et ça peut être très jeune, huit ans, ou moins parfois… ».

 

La travailleuse sociale et psychothérapeute au Centre d’intervention en abus sexuels pour la famille, Tatou Parisien, affirme : « Les études sont encore récentes. Non pas que ce soit un phénomène nouveau : ça a toujours existé, les enfants qui abusent, mais c’est assez récent qu’on s’y intéresse ». Elle précise : « Il y a un modèle explicatif en émergence et on observe quatre facteurs de risque. Ce sont souvent des enfants qui présentent une certaine vulnérabilité, qui vivent des difficultés sur le plan familial et qui ont été exposés à la fois à de la violence et à de la sexualité ».

D’après les spécialistes questionnés par Le Devoir, les enfants ne rechercheraient pas la gratification sexuelle quand ils commettent ces gestes sexuels.

« Pour les enfants, les organes génitaux, ça n’a rien de sexuel. Un enfant qui se masturbe de façon compulsive, par exemple, cherche souvent une façon de gérer son stress, car la sexualité apporte un apaisement » dit Stéphanie Houle. Elle souligne qu’en général, les enfants recherchent par la sexualité à exprimer une émotion. Dans la même ordre d’idées, la sexologue continue : « Un enfant qui a un comportement problématique a besoin de soutien. On doit être dans l’éducatif, pas dans le punitif ».

Tatou Parisien insiste sur le fait qu’il ne faut pas considérer les enfants qui posent des gestes inappropriés comme des futurs agresseurs : « Il n’y a rien de fixé au chapitre d’une déviance sexuelle ». Il importe alors d’offrir des services aux enfants nécessitant de l’aide. Malencontreusement, ces services sont peu nombreux : « Nous ne sommes que trois centres au Québec à offrir des services gratuitement, sinon, il faut chercher du côté du privé, et on se souhaite d’avoir de bonnes assurances ! ».

 

Référence

https://www.ledevoir.com/societe/education/526413/accros-a-la-porno-des-huit-ans

 

Source

Non applicable

 

 

 

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