L’ENQUÊTE NATIONALE SUR LES FEMMES ET LES FILLES AUTOCHTONES DISPARUES ET ASSASSINÉES DE NOUVEAU CRITIQUÉE

ACTUALITÉS | 10 mai 2018

Depuis décembre 2015, l’Enquête nationale lancée par le gouvernement Trudeau arpente les différentes villes et provinces canadiennes au sujet des femmes et des filles autochtones disparues et assassinées. Son mandat est, entre autres, d’examiner le rapport sur les causes systémiques qui sous-tendent la violence élevée faite aux femmes et aux filles autochtones dans les communautés. En procédant par examen, la commission a pour mandat de publier un rapport sur les politiques et les pratiques institutionnelles mises en place pour lutter contre la violence et accroître la sécurité des femmes et des filles autochtones.

 

Rendu à sa dernière phase, le rapport final de recommandations stratégiques doit être soumis au plus tard le 1er novembre 2018. Depuis le lancement, la commission a plusieurs fois été la cible de nombreuses lacunes et critiques de la part d’associations et de regroupements communautaires diverses. L’Association des femmes autochtones du Canada (AFAC) en est rendue à sa troisième fiche de publication de rendement concernant l’Enquête. En outre, l’association décrit que les travaux de la commission n’ont pas d’objectifs ciblés et clairs et qu’ils manqueraient de transparence.

 

La désorganisation face à la gestion et la mise en place de la commission d’enquête ont été perçues comme un manque de respect à l’égard des familles des victimes et l’association s’inquiète par rapport à l’échéancier des travaux. Ressentant une certaine précipitation de la part d’Ottawa, une demande de prolongation pour donner deux années de vie de plus à l’Enquête n’aurait pas été encore acceptée. L’AFAC aimerait que le gouvernement fédéral prolonge le mandat de la commission jusqu’au 31 décembre 2020.

 

Francyne D. Joe, la présidente de l’association, commentait en décrivant sa tristesse lorsqu’elle entendait parler de la commission dans les médias et auprès du public, surtout les côtés négatifs liés aux démissions et au roulement constant du personnel, du manque de budget ou encore des demandes de prolongation sans suivi.

 

En tant que « tiers observateur impartial », la troisième fiche de publication de rendement soumis par l’AFAC soulignait, encore cette année, de sérieux problèmes de communication surtout entre la commission et les familles autochtones, ces derniers n’ayant pas nécessairement accès à un réseau internet et la commission misant majoritairement sur les réseaux sociaux pour atteindre les témoins et les victimes.

 

Des 15 secteurs de rendement analysés par l’association, 5 ont eu une note « échec »; 3 ont une note de passage, alors que 2 secteurs n’ont pas été analysés par manque d’informations. Les derniers secteurs ont reçu la note « pourraient faire mieux avec plus d’efforts ».

 

Bien qu’il s’agisse d’un bulletin de rendement meilleur que celui de mai 2017, la commission échouait dans 10 des 15 secteurs étudiés, l’objectif de publier une telle fiche de rendement est de conscientiser le gouvernement sur l’impact du rapport final de la commission. En effet, l’association craint que le rapport soit publié et mis aux oubliettes. Les familles voudraient une place réelle au sein du processus et de la mise en place des recommandations stratégiques du rapport final. Les familles aimeraient que les gouvernements provinciaux reconnaissent l’ampleur réelle de la problématique de la violence qui mène aux disparitions et meurtres des femmes et des filles autochtones. Mme Joe croit en effet que c’est de cette façon que la violence prendra fin et qu’il sera possible de protéger les femmes.

 

Références

http://www.lapresse.ca/actualites/national/201805/08/01-5177494-des-femmes-autochtones-notent-severement-lenquete-nationale.php

https://www.aadnc-aandc.gc.ca/fra/1470140972428/1470141043933

http://www.mmiwg-ffada.ca/fr/mandate/

http://cdeacf.ca/organisation/association-femmes-autochtones-canada-afac

 

Source

Non applicable

 

 

 

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