UNE ÉTUDE DE L’IMPACT DU SURPEUPLEMENT SUR LES FEMMES INUITES QUÉBÉCOISES

ACTUALITÉS | 17 mai 2018

Organisé par l’UQAM et l’Université du Québec en Outaouais, une nouvelle étude, menée dans douze communautés autochtones du Nunavik et Nunavut présente le problème du surpeuplement et les mauvaises conditions de logement dont les femmes inuites sont directement affectées, beaucoup plus que les hommes. Présentée le mardi 15 mai 2018 dans le cadre d’un colloque intitulé « Perspectives féministes sur le logement des femmes », l’étude s’est attardée sur un échantillon de 300 Inuits en attente de logement. Ils ont répondu à un questionnaire mesurant huit indicateurs de bien-être liés à l’habitation, la sécurité ou l’espace par exemple. Dans cet échantillon, la majorité des Inuits se trouvant sur la liste d’attente d’un logement depuis au moins trois ans et demi et 58 % vivaient en situation de surpeuplement, comparé à la moyenne canadienne de 3 %.

 

Le résultat des questionnaires révèle des données intéressantes sur la situation vécue par les femmes inuites. Par exemple, une fois installées dans un nouveau logis, les femmes inuites ont des besoins beaucoup plus difficiles à combler à long terme. Karine Perreault, auteure principale de l’étude et candidate au doctorat en santé publique à l’Université de Montréal, commente les résultats en expliquant que les femmes ont de la difficulté à cultiver leur intimité et trouver un espace à soi : « Lorsqu’il y a des tensions familiales exacerbées, les hommes […] ont tendance à s’en aller ailleurs pour prendre un répit, alors que les femmes doivent rester à la maison ». Mme Perreault continue en disant que les femmes, dans la plupart des communautés, sont plus sensibles au phénomène de surcharge domestique, et prennent la charge de l’éducation des enfants, de prendre soin des personnes plus âgées et les autres membres de la famille en plus de gérer l’insécurité alimentaire. En situation de surpeuplement, ces facteurs prennent une teneur exubérante pour ces femmes.

 

Et ce n’est pas seulement dans les communautés inuites. Plusieurs communautés des Premières Nations du Québec sont aux prises des mêmes problèmes de surpeuplement, les besoins en logements sociaux augmentent de manière exponentielle, mais le financement ne suit pas la tendance. En effet, Laurence Richard-Norbert, étudiante au doctorat en science politique, décrit un important manque de coordination des efforts et des acteurs entre les différents paliers de gouvernement en ce qui a trait au problème de surpeuplement. En 20 ans, environ 300 millions de dollars venant du gouvernement fédéral auraient servi à construire 1750 nouveaux logements chaque année. Toutefois, les chiffres démontrent une augmentation fulgurante de demandes d’aide, plus d’une centaine de logements demandés qui se rajoute en plus chaque année.

 

Le rapport final de la Commission des relations avec les citoyens, publié et mené par l’Assemblée nationale du Québec depuis mai 2015, s’est penché sur les conditions des femmes autochtones concernant les agressions sexuelles et la violence conjugale. En l’absence de logement disponible dans la communauté, une femme peut difficilement quitter le foyer familial surtout avec ses enfants. La commission recommande à Québec de contribuer activement à l’augmentation et la diversification de l’offre de logement dans toutes les communautés autochtones touchées par les pénuries de logis. Le rapport final doit être étudié jeudi par le gouvernement et nous indiquera à ce moment s’il compte donner vie aux recommandations.

 

Référence

https://www.ledevoir.com/societe/527908/femmes-inuites-le-surpeuplement-fait-des-ravages

 

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