RETOUR SUR LE SYMPOSIUM SUR LA SEXUALITÉ DES JEUNES ADULTES

ACTUALITÉS | 4 juin 2018

C’est vendredi et samedi dernier qu’a eu lieu le Symposium sur la sexualité des jeunes adultes, organisé par l’Association des sexologues du Québec (ASQ), en partenariat avec le Collège Montmorency.

 

Il était possible d’obtenir un tarif privilégié en étant membre de l’ASQ ou du RIIPSO, employé du Collège Montmorency, étudiant en sexologie ou du Collège Montmorency, ainsi qu’en s’inscrivant avant le 15 avril 2018. La participation aux deux journées du symposium était reconnue pour des heures de formation continue par l’Ordre professionnel des sexologues du Québec (OPSQ) et par l’Ordre des psychologues du Québec (OPQ). Dans le tarif de participation étaient inclus les collations, les repas du midi, ainsi que les bouchées et les coupes de vin lors de la soirée réseautage du vendredi soir.

 

C’est avec plaisir que Les 3 sex* vous offre un résumé des présentations offertes lors de cet événement.

 

                                                                         Vendredi 25 mai 2018

 

Les trajectoires amoureuses et sexuelles des jeunes

Mylène Fernet, professeure du Département de sexologie de l’Université du Québec à Montréal (UQÀM) et Geneviève Brodeur, étudiante à la maîtrise en sexologie, profil recherche-intervention

 

Mesdames Fernet et Brodeur sont venues présenter en primeur, aux participantes et aux participants du symposium, une partie des résultats de leur recherche sur les trajectoires amoureuses et sexuelles des jeunes. Celle-ci ayant été conduite auprès de jeunes de 14 à 25 ans, c’est la portion concernant les jeunes adultes (18 à 25 ans) qui fut présentée. Les données portaient sur le profil relationnel et sexuel des jeunes, leur fonctionnement sexuel, leur expérience de victimisation dans les relations amoureuses, ainsi que sur les stratégies de recherche d’aide. Les faits saillants des données préliminaires de cette recherche incluaient, entre autres, un bon fonctionnement et une bonne satisfaction globale des jeunes adultes quant à leur sexualité, la présence de formes plus variées de violences sexuelles que celles documentées (cyberviolence, etc.), ainsi qu’une tendance à se tourner vers leurs pairs plutôt que vers les professionnels afin de chercher de l’aide. Bien entendu, l’étude contenait une quantité beaucoup plus importante d’informations pertinentes que ce qui est décrit dans ce court paragraphe.

 

Les « nouvelles » réalités sociosexuelles des jeunes : ce qui semble nouveau et ce qui ne l’est pas

Francine Duquet, sexologue et professeure du Département de sexologie de l’Université du Québec à Montréal (UQÀM)

 

Au cours de sa présentation chargée en informations, madame Duquet a tenté de déconstruire certains mythes sociaux concernant la sexualité des jeunes d’aujourd’hui. Elle a débuté le tout en nommant les différents aspects en lien avec la société, les adultes et les jeunes qui demeurent les mêmes depuis « toujours». Pour n’en nommer que quelques-uns, il y a l’existence de la pornographie et des modes sexuelles, la difficulté des adultes à parler de sexualité avec les jeunes, ainsi que la curiosité des jeunes et leur méconnaissance, ignorance et vulnérabilité face à la sexualité. Par la suite, elle a précisé quelles réalités sont réellement nouvelles en suggérant des solutions pour y faire face. À titre d’exemple, elle mentionne les enjeux liés à la révélation de soi dans le contexte des applications de rencontre, la grande accessibilité à la pornographie dès un jeune âge, le manque de repères des adultes face à ces nouvelles réalités, ainsi que l’abondance d’information accessible aux jeunes rendant difficile de départir ce qui est fiable de ce qui ne l’est pas.

 

Comprendre les enjeux et les bonnes pratiques d’intervention spécifiques au travail avec les victimes d’agressions à caractère sexuel

Audray Lemay, Centre de prévention et d’intervention pour victimes d’agression sexuelle (CPIVAS)

 

La présentation débutait avec une mise à niveau quant à certaines définitions. Ensuite venait l’énumération de conséquences et de faits liés au dévoilement d’une agression sexuelle. Grâce à un exercice de groupe, madame Lemay a tenté de faire vivre aux participantes et aux participants la réalité de celles et ceux qui tentent de dévoiler leur vécu d’agression sexuelle; c’est-à-dire que les victimes doivent parler en moyenne sept fois de leur vécu de victimisation avant d’être crues. Elle a également souligné la fragilité du lien de confiance et l’importance de la réaction de l’entourage lors du dévoilement. Après avoir énuméré différents enjeux personnels chez les victimes, la présentatrice a offert des conseils quant à la structure du suivi auprès de cette clientèle, ainsi que les comportements à éviter et ceux à privilégier.

 

Consommation, sexualité et autres comportements interdits : la conquête de la valeur à l’adolescence de 12 à 25 ans

Stéphane Bujold, Centre de réadaptation en dépendance Laval (CRDL)

 

Monsieur Bujold a proposé une approche différente aux comportements interdits chez les jeunes adultes. En effet, il soumet l’hypothèse selon laquelle ces derniers seraient à la recherche de leur valeur personnelle par différents moyens inadaptés. Il aborde les notions de narcissisme sain et malsain. Il a également mentionné les critères selon lesquels les jeunes estiment leur propre valeur (copains, travail/école, famille/amour, stabilité). Le présentateur a abordé les notions de détresse psychologique en termes d’émotions sociales. Il a donné brièvement quelques informations concernant le développement du cerveau, l’impulsivité et le contrôle, ainsi que la neuroscience affective. Finalement, il a décrit les stratégies de survie que les jeunes utilisent pour aller mieux. Pour conclure, monsieur Bujold a souligné l’importance de l’écoute, de l’intérêt et du non-jugement, ainsi que l’importance de chercher à comprendre quelles émotions font vivre les comportements inadaptés, ce que les jeunes recherchent par ceux-ci.

 

Les survivantes

Marlène Langevin et Mélissa Carrera, agentes communautaires pour le Service de police de Laval

 

En raison d’une hausse du nombre de dossiers d’exploitation sexuelle et du besoin de prendre en charge les victimes, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a développé le projet « Les survivantes ». Le Service de police de Laval a eu l’opportunité de reproduire le projet. Mesdames Langevin et Carrera l’ont présenté. Il inclut des

séances d’information destinées aux procureurs et aux policiers ainsi qu’aux intervenantes et intervenants, mais également de l’intervention auprès des personnes vulnérables. Dans le cadre de ces interventions, l’objectif n’est pas d’amener les survivantes à porter plainte, mais de les aider à se sortir de ce milieu. La présentation permettait d’en savoir davantage sur le portrait de ces jeunes vulnérables, sur le processus d’engagement dans l’exploitation sexuelle, sur le portrait des proxénètes, ainsi que sur celui des filles/femmes recruteuses. Par la suite, les lois associées ont été présentées ainsi que les objectifs législatifs pour le futur. La présentation s’est conclue avec l’émouvant témoignage d’une survivante d’exploitation sexuelle qui a eu recours aux services du projet précédemment décrit.

 

                                                                          Samedi 26 mai 2018

 

Anxiété sexuelle et anxiété de performance : les enjeux chez les jeunes adultes

Alain Gariépy, sexologue et psychothérapeute

 

Monsieur Gariépy a débuté la rencontre en abordant l’aspect naturel du stress et en le différenciant de la notion d’anxiété. Il a souligné que l’anxiété, provenant de l’anticipation d’un événement stressant, provient de pensées et a un impact sur les émotions, mettant en branle une réaction corporelle. En ce qui a trait à la sexualité, cette anxiété serait souvent liée à la performance en référence à la pornographie. Si elle n’est pas traitée rapidement, cette condition peut devenir chronique, affecter le bien-être et la confiance en soi de l’individu et favoriser le développement de troubles sexuels. Dans ces cas, monsieur Gariépy suggérait de travailler d’abord sur les distorsions cognitives, ensuite sur les émotions négatives et terminer avec les maux liés au corps.

 

Rencontre via les réseaux sociaux : les impacts réels des relations virtuelles

Julie Lemay, M.A. sexologie clinique

 

Bien que les rencontres en ligne ne soient pas nouvelles en soi, madame Lemay a soulevé quelques problématiques liées à leur facilité d’accès, notamment grâce aux applications mobiles. Auparavant, un individu devait passer par un processus fastidieux afin de s’inscrire sur un site de rencontres. Maintenant, certaines applications utilisent la géolocalisation afin de rencontrer des personnes facilement accessibles géographiquement, alors que d’autres permettent d’entrer en contact via un réseau social, ce qui crée un sentiment de sécurité. Selon Mme Lemay, la problématique est que cela suscite plus de réactions que de réflexion. Les boîtes de discussion, souvent surchargées, mènent à un encombrement relationnel. La multitude de possibilités de rencontres n’est qu’une illusion, car cela ne garantit pas une rencontre amoureuse. En outre, l’image que les jeunes femmes arborent grâce aux filtres des appareils photo les mènerait à remettre en question leur confiance en elles et leur image personnelle. Les enjeux de satisfaction immédiate ainsi que la création de fausses identités pourraient aussi altérer la perception des rencontres en ligne, créant ainsi une génération de personnes frustrées par le trop-plein de possibilités.

 

Maintenir le désir sexuel : relation de longue durée

François Renaud, sexologue et psychothérapeute

 

François Renaud a expliqué qu’il utilise une approche créée dans les années 1980 par le psychothérapeute David Schnarch : le Mind Mapping, ou la « capacité innée à distinguer les intentions et désirs d’une autre personne par son langage corporel, ses

attitudes et le ton de sa voix ». Lorsque les membres d’un couple sont questionnés à savoir s’ils ont déjà eu une relation sexuelle malgré une absence d’envie, monsieur Renaud explique que c’est la notion de consentement et de respect qui est au cœur de la problématique, puisque chacun a la possibilité de détecter le désir (ou son absence) chez son ou sa partenaire. Si une ou un partenaire a une relation sexuelle par pitié pour l’autre et que sa ou son partenaire le perçoit, mais décide tout de même de poursuivre, les deux partenaires font preuve d’un manque de respect envers l’autre et envers eux-mêmes et cela crée du dégoût (qui est lui aussi éprouvé envers eux-mêmes et envers l’autre). Lors de thérapies, monsieur Renaud a donc suggéré de travailler d’abord ce sentiment de dégoût. En résumé, il explique qu’il est aussi primordial de dire « non » lorsque l’envie n’est pas au rendez-vous.

 

TRANScender la binarité : les réalités des jeunes trans

Camille Chamberland, sexologue et psychothérapeute

 

La réalité des personnes trans* est toujours complexe et plusieurs difficultés peuvent en découler. C’est dans ce sens que Camille Chamberland intervient en thérapie avec cette clientèle. Même si elle mentionnait, lors de sa présentation, que le changement du « Trouble de l’identité de genre » que l’on trouvait dans le DSM-IV vers la « Dysphorie de genre » dans le DSM-5 représente une avancée, le manque d’information et d’ouverture face à la diversité de genres continuerait de compromettre le développement des personnes trans*. Selon elle, un accompagnement adapté permettrait de réduire les risques suicidaires liés à une transition (quelle qu’elle soit), puisque 77 % des jeunes trans* auraient sérieusement envisagé de se suicider au cours de leur vie. L’articulation positive de son propre corps, le soutien des parents, le lien avec la communauté trans et l’accès aux soins de santé pour la transition sont autant de facteurs aidants pour cette clientèle. En tant qu’intervenante ou intervenant, il faudrait reconnaître la non binarité et sa normalité. Ainsi, il importe d’appeler l’individu selon le prénom et le genre auxquels la personne s’identifie.

 

Si vous pensez au suicide ou connaissez une personne qui pense au suicide, Les3sex* vous invite à joindre la ligne 1 866 APPELLE (277-3553) qui est accessible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, et ce, en toute confidentialité.

 

Pour conclure, n’hésitez pas à nous informer de vos événements à venir afin de les afficher sur notre site Web*. Il se peut même qu’une de nos collaboratrices aux actualités y participe et effectue un retour comme celui-ci par la suite. Pour nous communiquer vos événements, je vous invite à écrire directement au coordination@les3sex.com.

 

*Il est à noter que l’affichage d’événements sur notre site Web n’est pas disponible présentement. Cette fonction sera de nouveau disponible dès le 1er septembre 2018. Si vos événements ont lieu après cette date, nous vous invitons à nous les faire parvenir et ils seront affichés dès le 1er septembre 2018. Merci de votre compréhension.

 

Référence

Les 3 sex*

 

Source

https://montreal.lesexologue.ca/2016/08/avoir-problemes-communication.html

 

 

 

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