MONDE DU TRAVAIL : DES JAPONAISES SE FONT IMPOSER LES DATES DE LEURS GROSSESSES

ACTUALITÉS | 6 juin 2018

Claudelle Nielly-Thibault

Au Japon, il n’est pas rare de voir de jeunes femmes sur le marché du travail se faire imposer le moment de leur grossesse pour ne pas perturber le fonctionnement de l’entreprise. Ainsi, les femmes d’un même service ont un « ordre de priorité » pour les grossesses et gare à celle qui deviendrait enceinte avant que ce ne soit son « tour ».

 

Malgré leur illégalité théorique, il semblerait que la majorité de la population ne soit pas choquée par ses pratiques. Au contraire, les femmes se sentiraient coupables de prendre des congés de maternité et plusieurs d’entre elles préfèreraient quitter leur emploi lors de l’annonce de leur grossesse. Pour d’autres, cela peut aussi signifier de renoncer à leur désir d’enfant.

 

Selon la chercheuse Kanako Amano, « le fait d'attendre son tour pour tomber enceinte a joué dans la dénatalité » avec laquelle le Japon doit composer depuis des années. En engendrant un manque de main-d’œuvre, cette dénatalité créerait un cercle vicieux. « La pénurie de main-d’œuvre dans plusieurs secteurs, dont ceux de la prise en charge des tout petits et des personnes âgées ou encore le milieu hospitalier, rend "inévitable" le fait que les femmes attendent leur tour pour débuter une grossesse », explique la responsable de l'Institut de recherche sur la petite enfance et l'éducation.

 

Au Japon, la croyance entre la séparation du travail selon le genre (femme au foyer et homme au travail) est encore très présente. Cela pourrait expliquer pourquoi ces pratiques sont très rarement dénoncées et pourquoi le monde du travail au Japon est aussi peu accommodant, et même hostile, pour les femmes qui désirent fonder une famille.

 

Référence

http://www.lapresse.ca/vivre/societe/201806/04/01-5184398-japon-enceinte-mais-pas-toutes-en-meme-temps.php

 

Source

Non applicable

 

 

 

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