PLAISIRS PLURIELS

CHRONIQUE

Emmanuelle Gareau

16 mai 2017

Vous voulez faire une sieste au travail sans vous faire prendre? There is an app for that.

 

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Vous voulez devenir Multi-orgasmique? Eh bien oui, there is also an app for that.

 

Vous n’êtes pas vraiment surpris? Et si je vous disais qu’elle s’adresse aux messieurs?

 

L’orgasme multiple est un phénomène que l’on associe collectivement à la sexualité féminine et dont l’existence est relativement bien documentée. Qu’en est-il chez l’homme? Car oui, ce phénomène existe bel et bien chez les hommes. À la suite d’innombrables heures de recherche, je peux vous affirmer que la documentation sur le sujet est très limitée. En fait, bien qu’il y ait peu de références scientifiques, j’ai pu trouver une pléthore d’articles de magazines populaires ou de forums sur le propos. Je suis tombée sur des blogues où l’on expliquait aux hommes étape par étape comment faire et où les internautes partageaient leurs expériences par rapport à leur quête vers ce qu’ils considèrent comme la suprématie sexuelle : les orgasmes multiples. Bien que l’intérêt du public soit présent, le sujet demeure obscur en termes de références scientifiques. C’est ce qui m’a poussée à me pencher sur le sujet (en plus du fait que la gent masculine de mon entourage ait tenté de me convaincre que les hommes multi-orgasmiques étaient un mythe).

 

Lasciveté répétée

 

Dans la littérature scientifique, il y a une profusion de façons de décrire l’orgasme. La plupart du temps, on retrouve la notion de sensation de plaisir intense résultant d’une stimulation génitale qui peut varier selon plusieurs facteurs (Wibowo et Wassersug, 2016). Selon un recensement fait par Wibowo et Wassersug en 2016 faisant état de 15 publications scientifiques, l’orgasme multiple consisterait à avoir plus d’un orgasme en 20 minutes, soit la durée moyenne de la période réfractaire chez les hommes en santé (Kruger, Haake, Chereath, Knapp, Janssen, Exton, Schedlowski et Hartmann, 2003). Comme c’est parfois le cas en science, les experts ne s’entendent pas en termes de circonscription du phénomène. On recense donc deux différents types d’orgasme multiple masculin : le sporadique, qui est le plus reporté, et le condensé (Wibowo et Wassersug, 2016).

 

En général, les orgasmes multiples sporadiques sont définis par une série d’orgasmes espacés par des intervalles de temps variés durant lesquels l’érection est maintenue et où davantage de stimulation est requise pour pouvoir atteindre l’orgasme suivant (Robbins et Jensen, 1978; Dunn et Trost, 1989;  Whipple, Myers et Komisaruk, 1998). Les orgasmes multiples condensés se différencient par l’intervalle de temps raccourci ainsi que la quantité de stimulation requise. En bref, ceux-ci ont lieu à intervalles très rapprochés (environ deux à quatre orgasmes dans un intervalle de quelques secondes à deux minutes) (Wibowo et Wassersug, 2016) et la stimulation génitale n’a pas besoin d’être intensifiée entre les orgasmes afin d’atteindre les prochains (Dunn et Trost, 1989).

 

Toutefois, il faut faire preuve de prudence lorsqu’on se réfère aux publications scientifiques. Certaines qualifient leurs sujets de multi-orgasmiques alors qu’ils ne respectent pas les critères. Par exemple, une étude qualifie un homme de multi-orgasmique alors que certains de ses orgasmes se retrouvaient à 30 minutes d’intervalle (Haake, Exton, Haverkamp, Krämer, Leygraf, Hartmann, Schedlowsi et Krueger, 2002). Prudence donc quant à l’interprétation du phénomène.

 

Quand les deux ne font pas nécessairement la paire

 

On assume bien souvent que chez l’homme, l’éjaculation accompagne habituellement l’orgasme. Cependant, ce n’est pas tout à fait exact (Wibowo et Wassersug, 2016). Certains peuvent avoir un orgasme sans éjaculer. C’est le cas de certains hommes ayant subi une prostatectomie (Koeman, van Driel, Schultz et Mensink, 1996), ayant une lésion médullaire (Sipski, Alexander et Gomez-Marin, 2006), étant diabétiques (Lu, Cui, Li, Zhand, Hu, Liu et Chen, 2014) ou encore étant sous l’effet de drogues réduisant la stimulation des récepteurs alpha-1 (Kobayashi, Masumori, Kato, Hisasue, Furuya et Tsukamoto, 2009; Sato, Tanda, Nakajima, Nitta, Akagashi, Hanzawa, Tobe, Haga, Uchida et Honma, 2012), ce qui diminue la vasoconstriction artérielle et veineuse et qui augmente les chances d’éjaculation rétrograde (l’éjaculat se retrouve alors dans la vessie). Similairement, on peut éjaculer sans avoir d’orgasme, comme ça peut être le cas des hommes ayant une lésion à la moelle épinière, grâce à une vibrostimulation pénienne ou prostatique (Arafa, Zohdy et Shamloul, 2007).

 

Les orgasmes multiples sporadiques peuvent être accompagnés d’éjaculations ou non (Wibowo et Wassersug, 2016). Bien que le volume de l’éjaculat varie, certains sujets éjaculent à chaque orgasme durant la série et d’autres n’éjaculent que lors d’un orgasme dans cette succession ou que lors de l’orgasme final (Dunn et Trost, 1989). Pour beaucoup, la quantité d’éjaculat diminue plus le nombre d’orgasmes augmente (Dunn et Trost, 1989). Ceci mène les sujets à avoir des orgasmes sans éjaculation (injaculation), qu’on surnomme parfois « orgasmes secs » (Dunn et Trost, 1989; Whipple et al., 1989).

 

Force est de constater que, bien que le concept d’orgasme multiple semble simple, il y a beaucoup de variations cliniques pour ce même phénomène.

 

Quand la division fait la force

 

Selon les sites populaires faisant état des pratiques tantriques, tout se joue justement dans cette dyade orgasme-éjaculation. Selon les traditions du tantrisme, il faudrait repousser l’éjaculation afin d’avoir des « orgasmes secs » durant la série d’orgasmes et d’éjaculer lors de l’orgasme ultime uniquement (Lousada et Angel, 2011). Cette pratique pourrait hypothétiquement être expliquée par le fait que la période réfractaire post-éjaculation est évitée et la stimulation génitale peut continuer. C’est davantage l’éjaculation que l’orgasme en tant que tel qui mènerait à la période réfractaire (Levin, 2009). Une fois cette période enclenchée, les sujets ne peuvent plus avoir d’orgasmes, car la stimulation devient trop difficile notamment à cause du seuil sensoriel abaissé (Yilmaz et Aksu, 2000) et moins d’activité relevée par électromyogramme dans les tissus érectiles (Shafik, Shafik, Sibai et Shafik, 2009) par exemple. En évitant l’éjaculation, on évite alors la période réfractaire qui permet entre autres au sperme de se régénérer (Levin, 2009), et on peut obtenir des orgasmes subséquents (Wibowo et Wassersug, 2016).

 

Un petit coup de pouce

 

Lorsque je parle de l’orgasme multiple masculin, les hommes de mon entourage me demandent presque toujours, mi-sceptiques mi-curieux, comment devenir multi-orgasmique. Car en fait, certains découvrent qu’ils sont multi-orgasmiques par accident, souvent à l’adolescence (Dunn et Trost, 1989), et d’autres apprennent et s’entraînent à le devenir, le but suprême étant d’arriver à contrôler l’éjaculation (Ladas, Whipple et  Perry,1982; Hartman et Fithian, 1984). Souvent les méthodes pour y arriver incluent la masturbation prolongée par stimulation pénienne, le blocage de l’éjaculation en serrant le gland du pénis (Hartman et Fithian, 1984) et le renforcement des muscles pelviens (muscle pubo-coccygien) grâce aux exercices de Kegel, par exemple (Ladas et [i]al.[i], 1982). Essentiellement, une connaissance développée de son corps ainsi qu’un grand contrôle musculaire sont requis selon ce que dictent ces méthodes, même si aucune n’a été validée scientifiquement pour l’instant (Wibowo et Wassersug, 2016).

 

Plusieurs autres facteurs peuvent être considérés comme adjuvants à l’orgasme multiple. Certaines interventions médicales telles que la prostatectomie ou la castration (chez les transsexuels, par exemple) pourraient faciliter l’atteinte d’orgasmes multiples (Wibowo et Wassersug, 2016). L’utilisation de drogues psychostimulantes comme la cocaïne, les amphétamines (Gay et Sheppard, 1973) ou le nitrite de butyle (Hartman et Fithian, 1984) est aussi considérée comme un facilitateur. Toutefois, aucune mesure physiologique n’a pu confirmer cela alors que l’on sait que ces drogues peuvent entraîner des effets cognitifs sévères, altérer les souvenirs des sujets ou simplement avoir un effet placebo (Wibowo et Wassersug, 2016). Les témoignages de ces sujets mériteraient donc d’être confirmés par des mesures biologiques. De plus, grâce à l’effet Coolidge qui réduit la durée de la période réfractaire, le fait de changer de partenaire sexuel faciliterait également l’orgasme multiple en rehaussant le désir sexuel et la motivation d’atteindre l’orgasme avec un nouveau partenaire (Tlachi-Lopez, Eguibar, Fernandez-Guasti et Lucia, 2012; Joseph, Sharma, Agarwal et Sirot, 2015). L’utilisation de jouets sexuels pourrait également contribuer au fait d’avoir des orgasmes multiples, bien que cela reste à confirmer (Wibowo et Wassersug, 2016).

 

La preuve est dans le pudding

 

Les hommes multi-orgasmiques existent bel et bien, quoi qu’en disent les sceptiques. Bien qu’il reste énormément de travail à faire pour bien cerner le phénomène, il y a assez de preuves pour affirmer que bien que les hommes multi-orgasmiques soient rares, ils existent et peuvent être identifiés. Chez les sujets multi-orgasmiques, le niveau de prolactine, qui mine hypothétiquement l'excitation et supprime la motivation à atteindre un orgasme subséquent, reste habituellement inchangé après le ou les orgasmes (Haake et al., 2002). Au contraire, chez des sujets mono-orgasmiques, on observe un pic de prolactine d'une durée de 30 à 60 minutes tout de suite après l'orgasme (Exton, M.S., Kruger, T.H., Koch, M., Paulson, E., Knapp, W., Hartmann, U. et Schedlowski, 2001).

 

Étant donné qu’il y a très peu d’études sur le sujet, il est difficile de déterminer avec certitude quelle est la prévalence du phénomène, et encore plus ardu d’identifier le type précis d’orgasme multiple (sporadique ou condensé). Selon les données sur le sujet, environ 3.3% à 9.1% des hommes seraient multi-orgasmiques, un chiffre qui varie énormément selon les études publiées et selon les différents facteurs, mais qui diminue indubitablement lorsqu’on parle d’hommes âgés de plus de 30 ans (Wibowo et Wassersug, 2016).

 

Dans l’ensemble, on peut alors soutenir que

 les multi-orgasmiques sont une espèce rare.

 

Quand intérêt du public n’égale pas inquisition scientifique

 

Bien que la curiosité du public soit au rendez-vous à propos de l’orgasme multiple masculin, il semble que très peu de chercheurs se soient penchés sur le sujet. Comme dit précédemment, l’article de recension de  Wibowo et Wassersug n’a dénombré que 15 parutions, la première datant de 1973 et la dernière de 2008. Pour la moitié de celles-ci, seule l’expérience auto-rapportée de l’orgasme multiple était prise en compte. Étant donné que l’orgasme est un phénomène ayant des manifestations cliniques facilement observables, il serait bénéfique d’avoir davantage d’études, idéalement de plus grande envergure, afin d’en apprendre plus sur le phénomène et de corroborer les témoignages uniques présents dans les études de cas.

 

En effet, pourquoi se limiter à ceux-ci, bien que tout de même très utiles, lorsque les méthodes pour étudier un phénomène tel que l’orgasme abondent : imagerie par résonance magnétique fonctionnelle, électrocardiogramme, électromyogramme (qui est très fiable lorsqu’utilisé sur le sphincter anal (Wibowo et Wassersug, 2016), électroencéphalographie, photoplethysmographie anale, pression sanguine, rythme cardiaque,  etc. Pour le moment, même si ce n’est pas une mauvaise chose en soi, les recherches portant sur l’orgasme multiple chez l’homme ont quelque peu délaissé l’étude du mécanisme biologique sous-jacent alors qu’il est, selon moi, central au phénomène.

 

La plupart des études recensées font état d’orgasmes multiples masculins

à partir de témoignages subjectifs et très peu nombreux qui n’ont pas été confirmés par une évaluation physiologique ou neurologique.

 

Il faut donc aborder le sujet avec un grain de sel, du moins, jusqu’à ce qu’on en connaisse un peu plus.

 

La science de la jouissance… et de la performance?

 

On a tendance à dire que c’est l’orgasme féminin qui est mystérieux, mais il me semble que somme toute, certains aspects de l’orgasme masculin le sont tout autant. À voir le fort intérêt du grand public envers ce sujet, l’orgasme multiple chez l’homme est sans contredit un thème qui mérite davantage l’attention de la communauté scientifique. Bien qu’il existe plusieurs articles anecdotiques ainsi que diverses études de cas, il n’y a que très peu d’études scientifiques fiables et crédibles auxquelles on peut se référer.

 

Y-a-t-il d’autres facteurs pouvant moduler l’orgasme multiple chez l’homme?

 

Quel est le mécanisme neurobiologique du phénomène?

 

Quel est son avantage biologique?

 

Quelle influence ce phénomène a-t-il sur la satisfaction sexuelle des hommes? Sur celle de leurs partenaires?

 

Beaucoup de questions restent sans réponse. Il faut toutefois faire preuve de circonspection en abordant ce sujet. Certains pourraient voir dans l’orgasme multiple un nouveau défi ou un nouvel objectif à atteindre en termes de satisfaction et de performance sexuelle. C’est pourquoi la communauté scientifique a l’importante responsabilité de démystifier le phénomène sans pour autant le systématiser ou le faire paraître comme la norme à atteindre. La recherche sur le sujet devrait avoir pour but de normaliser les différentes avenues de la sexualité masculine sans nécessairement en standardiser certaines aux dépens des autres. Cela permettrait simplement de donner une avenue pour voir la sexualité de l’homme d’une manière différente de notre perception habituelle.

 

D’ailleurs, assumer que l’éjaculation est intrinsèque à l’orgasme ou encore que l’orgasme ne peut qu’être unique pour l’homme, c’est exclure d’ores et déjà une vision différente de l’orgasme chez l’homme alors qu’il faut à mon avis déconstruire nos idées préconçues afin de saisir toute l’étendue d’un phénomène en particulier.

 

Quoi qu’il en soit, on dit qu’un c’est bien, mais deux c’est mieux; que jamais deux sans trois; qu’il faut viser « vers l’infini et au delà! » (ça par contre, seuls les fans de Buzz Lightyear le disent), etc. C’est bien beau, mais il faut tout de même garder en tête que même si c’est terriblement cliché, bien souvent, la qualité l’emporte sur la quantité!

 

Références

 

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Gay, G.R. et Sheppard, C.W. (1973). “Sex-crazed dope fiends”-Myth or reality? Drug Forum,  2(2), p.125-140. DOI 10.1016/B978-0-08-017063-3.50013-0

 

Haake, P., Exton, M.S., Haverkamp, J., Krämer, M., Leygraf, N., Hartmann, U., Schedlowsi, M. et Krueger, T.H.C. (2002). Absence of orgasm induced prolactin secretion in a healthy multi-orgasmic male subject. International Journal of Impotence Research, 14(2), p.133. DOI 10.1038/sj.ijir.3900823

 

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