RÔLES DE L’ANXIÉTÉ SEXUELLE ET DE LA DISSOCIATION DANS LES RELATIONS ENTRE L’AGRESSION SEXUELLE À L’ENFANCE ET LA COERCITION SEXUELLE SUBIES PAR LES FEMMES DANS LEUR RELATION AMOUREUSE

PRODUCTION SCIENTIFIQUE

Karolanne O’Keefe

7 juin 2017

Date de publication

 

Mai 2017

 

Résumé original

 

L’agression sexuelle en enfance (ASE) est un phénomène lourd de conséquences pouvant persister jusqu’à l’âge adulte (Godbout et al., 2014). Chez les femmes, l’ASE est liée à un risque plus élevé de subir de la coercition sexuelle dans leur couple (Daigneault et al., 2009) et de vivre de l’anxiété sexuelle à l’âge adulte (Bigras et al., 2015). L’anxiété sexuelle augmente également le risque de subir de la coercition sexuelle (Messman-Moore et al., 2008). Or, les survivantes d’ASE ne rapportent pas toutes subir de la coercition sexuelle au sein de leur couple.

 

Des auteurs spécifient que les symptômes dissociatifs pourraient exacerber le cycle de la violence entre partenaires amoureux chez les survivantes d’ASE (Daisy et Hien, 2014). À ce jour, plusieurs études documentent les répercussions de l’ASE chez les femmes, sans toutefois examiner leur rôle spécifique dans la revictimisation sexuelle au sein du couple.

 

La présente étude vise à examiner l’anxiété sexuelle comme facteur pouvant expliquer la coercition sexuelle chez certaines survivantes d’ASE ainsi que l’impact des symptômes dissociatifs sur la force de ce lien dans un modèle de médiation modérée. L'étude a été réalisée auprès de 412 femmes adultes en couple à l’aide de questionnaires auto-administrés évaluant l’ASE (Godbout et al., 2009-2014), l’anxiété sexuelle (Snell et al., 1993), la dissociation (TSI: Briere, 2010) et la coercition sexuelle dans le couple (Straus et al., 1996).

 

Les résultats confirment un modèle de médiation dans lequel l’anxiété sexuelle explique le lien entre l’ASE et la coercition sexuelle subie, modérée par la dissociation; la présence de dissociation augmente la force du lien entre l’ASE, l’anxiété sexuelle et la coercition sexuelle (interaction entre anxiété sexuelle et dissociation β = .23, p < 0.05). Le modèle explique 22 % de la variance de la coercition sexuelle.

 

Cette étude témoigne de l’importance de réduire l’anxiété sexuelle et les symptômes dissociatifs chez les femmes survivantes d’ASE afin de réduire leur risque de revictimisation sexuelle.

 

Référence

Girard, M., Dugal, C., Hébert, M., et Godbout, N. (2017). Rôles de l’anxiété sexuelle et de la dissociation dans la relation entre l’agression sexuelle à l’enfance et la coercition sexuelle subies par les femmes dans leur relation amoureuse. Conférence présentée lors du 9è Congrès international francophone sur l’agression sexuelle (CIFAS), Canada, Montréal.

 

Pour accéder à la production scientifique entière

https://www.researchgate.net/publication/317318667_Roles_de_l%27anxiete_sexuelle_et_de_la_dissociation_dans_la_relation_entre_l%27agression_sexuelle_a_l%27enfance_et_la_coercition_sexuelle_subie_par_les_femmes_dans_leur_relation_amoureuse