ÉTUDE DE L’ÉVOLUTION, SUR UN AN, DES FACTEURS DE PROTECTION INDIVIDUELS CHEZ LES ENFANTS D’ÂGE PRÉSCOLAIRE VICTIMES D’ABUS SEXUEL

PRODUCTION SCIENTIFIQUE

Karolanne O’Keefe

4 avril 2017

Date de publication

 

Mars 2017

 

Résumé original

 

Bien que les facteurs de protection associés à la résilience aient été bien documentés (ex : l’initiative, l’autorégulation, l’attachement), nous possédons peu d’information lorsque vient le temps d’évaluer leur niveau comparatif chez les enfants exposés au traumatisme et ceux ne l’ayant pas été.

 

Étant donné la pertinence de se pencher sur cette question afin d'améliorer notre compréhension des mécanismes sous-jacents à la résilience, les objectifs de cette étude étaient les suivants : (1) examiner et comparer les facteurs de protection individuels chez les enfants d'âge préscolaire victimes d'abus sexuels et ceux ne l’ayant pas été au cours d'une année ; et 2) étudier l'impact de l'abus sexuel (SA) sur les facteurs de protection.

 

Les enfants d'âge préscolaire abusés sexuellement (n = 109) et ceux n’ayant pas été abusés (n = 78) (M = 4,38 ; SD = 0,95) ont été recrutés au temps 1 (T1) et ont été réévalués un an plus tard (T2 ; N = 56 abusés et n = 74 enfants non maltraités). Les parents ont complété le « Devereux Early Childhood Assessment » (LeBuffe & Naglieri, 1999) à T1 et à T2, afin d'évaluer leurs niveaux d'initiative, d'autocontrôle et d’attachement. Les caractéristiques de SA ont été codées à partir de fichiers cliniques (History of Victimization Form, Wolfe, Wolfe, Gentile et Boudreau, 1987).

 

Les résultats démontrent que les enfants maltraités étaient plus susceptibles que les enfants non maltraités de présenter de faibles niveaux d'initiative, d'autorégulation et d’attachement à T1 et à T2. Les analyses indiquent qu’en dépit de l’augmentation des niveaux associés aux facteurs de protection au cours de l’année, les enfants maltraités présentaient encore des scores inférieurs par rapport aux enfants non maltraités à T2. La sévérité de l'abus tend à être positivement liée à l'initiative, alors que la durée de l'abus a été négativement corrélée à l'autocontrôle à T2 et que l'abus intrafamilial a tendance à être associé à des niveaux plus élevés d’attachement à T2.

 

Si la présence de facteurs de protection est jugée essentielle à la réalisation d'une adaptation psychosociale positive suite à la SA, les enfants d'âge préscolaire ont présenté des niveaux inférieurs de facteurs de protection à T1 et à T2. Cela devrait être pris en compte dans les interventions visant à favoriser la résilience chez les jeunes enfants.

 

Référence

Langevin, R., et Hébert, M. (2016). Evolution over a year of individual protection factors in preschool victims of sexual abuse. International of Child and Adolescent Resilience, 4(1).

 

Pour accéder à la production scientifique entière

https://www.researchgate.net/publication/315695947_Evolution_over_a_year_of_individual_protective_factors_in_preschool_victims_of_sexual_abuse