L’ÉDUCATION À LA SEXUALITÉ. PERSPECTIVE DES DONNÉES NEUROSCIENTIFIQUES

PRODUCTION SCIENTIFIQUE

Karolanne O’Keefe

11 avril 2017

Date de publication

 

Février 2017

 

Résumé original

 

L’éducation à la sexualité est un sujet généralement peu abordé dans les institutions et les établissements scolaires. Quand elle est abordée, elle concerne surtout la prévention des risques (IST, grossesses non désirées, abus sexuels…). Mais cet apport d’informations limitées est-il suffisant ? Quel devrait être le contenu de cette éducation ?

 

L’objectif de cet article est de présenter les implications éducatives probables des dernières connaissances en neurosciences de la sexualité. Pour réaliser ce bilan, les compétences nécessaires pour vivre la sexualité, tant au niveau individuel que social, ont été évaluées et comparées avec les capacités et compétences qui préexistent dans l’organisme.

 

Chez les mammifères, les études récentes ont montré que le but du comportement de reproduction, grâce à des structures élémentaires préorganisées, est la copulation hétérosexuelle. Mais chez l’être humain, la majorité de ces facteurs sont altérés ou modifiés (altération des circuits olfactifs qui détectent les phéromones, lordose non fonctionnelle, dissociation des activités sexuelles des cycles hormonaux…). Pour ces raisons, il apparaît que l’essentiel de la sexualité humaine est acquis : les associations avec des émotions et des affects positifs et/ou aversifs ; et tous les apprentissages des différentes activités érotiques, des automatismes moteurs, de la socialisation sexuelle, de toutes les connaissances concernant la sexualité, ainsi que l’assimilation des normes et des valeurs sexuelles. De plus, les données cliniques suggèrent que les défauts ou les problèmes d’apprentissages, en particulier dans le cas d’association avec des émotions aversives (dégoût, peur, honte…), seraient la cause d’une partie significative des troubles de la sexualité.

 

Dans les sociétés sexuellement éducatives, il existe différentes pratiques socioculturelles qui permettent d’acquérir au cours du développement les différentes connaissances et compétences nécessaires à la vie sexuelle adulte. Il faudrait évaluer, de manière transdisciplinaire et transculturelle, les différentes pratiques éducatives afin de fonder l’éducation à la sexualité sur les données les plus objectives possible. En conclusion, l’éducation à la sexualité – scientifique, globale et intégrée de manière cohérente aux autres apprentissages – apparaît, tant sur les aspects comportementaux, affectifs que cognitifs, indispensable à la santé sexuelle et à une vie sexuelle et sociale adaptée, consciente et responsable.

 

Référence

Wunsh, S. (2017). Éducation à la sexualité. Perspectives des données neuroscientifiques. Sexologies, 26(1). DOI : 10.1016/j.sexol.2016.12.003.

 

Pour demander la production scientifique entière aux auteurs

http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1158136016301050