LE « SOI SEXUÉ » ACTUEL ET IDÉALISÉ DANS UN CONTEXTE DE DOULEUR GÉNITALE, CONSTATÉ PAR L’EMPLOI DE MESURES IMPLICITES ET EXPLICITES

PRODUCTION SCIENTIFIQUE

 

Karolanne O’Keefe

19 avril 2017

Date de publication

 

Avril 2017

 

Résumé original

 

L'expérience de la douleur au cours des rapports sexuels génère une détresse sexuelle importantes susceptible d'affecter l'identité sexuelle et de devenir une menace pour le concept de soi.

 

L’objectif de cette étude a été d’explorer le rôle du concept du « soi sexué » dans le contexte de la douleur génitale en mesurant différents états de soi (réel vs idéalisé) à différents niveaux de réponse (explicite ou implicite) et d'examiner leurs associations avec des variables sexuelles, émotionnelles et liées à la douleur.

 

Trente jeunes femmes disant ressentir des douleurs génitales et vingt-neuf femmes sans douleur ont complété (i) deux versions du « Relation Responding Task » afin de mesurer leur « soi sexuel » réel et idéalisé implicite; (ii) des cotes explicites du « soi sexuel » réel et idéalisé; et (iii) des mesures de l'estime de soi sexuelle, de l'estime de soi globale, de la dépression, de la satisfaction sexuelle, de la détresse sexuelle, de la fréquence sexuelle et de l'expérience de la douleur.

 

Les femmes souffrant de douleurs génitales ont obtenu une note plus faible sur les mesures explicites et implicites concernant le soi actuel comparativement aux femmes sans douleur, mais elles ne diffèrent pas entre elles en ce qui concerne le soi idéalisé. En outre, le groupe associé à la douleur a obtenu des scores supérieurs au niveau des mesures explicites, que ce soit au niveau idéalisé ou réel.

 

 Les mesures du soi réel et idéalisé ont des effets différentiels sur les variables sexuelles, émotionnelles et comportementales. En général, le fait d’évaluer le soi idéalisé comme étant supérieur au soi réel était lié à des résultats plus négatifs. Les variables liées à la douleur ne sont prises en compte que par les mesures implicites, montrant ainsi que le groupe associé à la douleur la plus élevée a signalé plus de douleur, de peur de la douleur et une tendance plus forte à poursuivre ses relations sexuelles malgré la douleur lorsqu'elles se considèrent comme moins compétentes sur le plan sexuel et lorsque cette perception ne correspond pas à leur soi idéalisé.

 

Les interventions thérapeutiques devraient tenir compte du fait que la définition de normes sexuelles idéalisées très élevées, le sentiment d’être pressé de performer en tant que partenaire sexuel et la craindre d'être sexuellement incompétent pourrait être des facteurs clé dans le développement, le maintien et l'exacerbation des dysfonctionnements sexuels.

 

C'est la première étude à examiner systématiquement différentes composantes du concept de soi sexuel dans le contexte de la douleur génitale. Malgré le petit échantillon et l'utilisation d'un groupe non clinique de femmes, nous avons identifié un schéma de résultats théoriquement et cliniquement intéressant. La différenciation entre les différentes composantes du soi sexué est pertinente pour expliquer les réponses sexuelles, émotives et liées à la douleur.

 

Référence

Dewitte, M., De Schryver, M., Heider, N., et De Houwer, J. (2017). The actual and ideal sexual self concept in the context of genital pain using implicit and explicit measures. Journal of Sexual Medicine. DOI : 10.1016/j.jsxm.2017.03.246.

 

Pour demander la production scientifique entière aux auteurs

https://www.researchgate.net/publication/316041126_The_Actual_and_Ideal_Sexual_Self_Concept_in_the_Context_of_Genital_Pain_Using_Implicit_and_Explicit_Measures