LA SENSIBILISATION, L’ACCEPTABILITÉ ET L’UTILISATION DE LA PROPHYLAXIE PRÉEXPOSITION AU VIH CHEZ LES HOMMES HOMOSEXUELS À RISQUE À TORONTO

PRODUCTION SCIENTIFIQUE |10 mai 2018

Date de publication

 

Avril 2018

 

Résumé original

 

La prise quotidienne de d’emtricitabine/ténofovir par voie orale à titre de prophylaxie préexposition (PrEP) réduit considérablement le risque de contracter le VIH chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH). Son adoption à l’échelle mondiale est toutefois lente. Nous avons fait passer des questionnaires transversaux anonymes à des HSH s’étant présentés pour un dépistage anonyme du VIH dans une clinique de santé sexuelle de Toronto à quatre moments consécutifs entre 2013 et 2016.

 

Nous avons évalué les tendances liées à la sensibilité, à l’acceptabilité et à l’utilisation de la PrEP au fil du temps à l’aide du test de tendance de Cochran-Armitage et déterminé les obstacles à l’utilisation de la PrEP en construisant des « cascades de PrEP » avec les données de 2016. Nous avons présumé que, pour utiliser la PrEP, les HSH doivent: (a) être à risque de contracter le VIH (b) courir un risque objectivement élevé (note ≥ 10 sur l’échelle HIRI-MSM), (c) se percevoir comme courant un risque moyen à élevé (d) connaître la PrEP (e) être disposés à utiliser la PrEP (f) avoir un médecin de famille (g) être à l’aise de parler de santé sexuelle avec ce médecin, et (h) avoir une assurance-médicaments ou être disposés à défrayer le coût des médicaments.

 

Les HSH participants étaient en majorité de race blanche (54 % à 59,5 %) et avaient un âge médian de 31 ans (écart interquartile 26–38). Leur connaissance et leur utilisation de la PPrEP a sensiblement augmenté au fil du temps (p < 0,0001 dans les deux cas), pour atteindre 91,3 % et 5 % respectivement au cours du cycle le plus récent. Leur volonté d’utiliser la PrEP est passée à 56,5 %, mais cette hausse n’était pas statistiquement significative (p = 0,06). La cascade complète, ABCDEFGH, montre que peu d’entre eux pouvaient facilement utiliser la PrEP dans leur situation actuelle (11/400 = 2,8 %). Les plus grands obstacles, en ordre décroissant, étaient le faible risque autoperçu de contracter le VIH, la réticence à utiliser la PrEP et le manque d’accès aux dispensateurs de la PrEP.

 

Pour en maximiser les bienfaits éventuels pour la santé publique, les stratégies de mise à l’échelle de la PPrE doivent tenir compte de l’autoperception du risque de contracter le VIH et élargir l’accès aux dispensateurs de la PrEP.

 

Référence

Rana, J., Wilton, J., Fowler, S., Adam Hart, T., Bayoumi, A., et H. S, Darrell. (2018). Trends is in the awareness, acceptability, and usage of HIV pre-exposure prophylaxis among at-risk men who have sex with men in Toronto. Canadian journal of public health. DOI : 10.17269/s41997-018-0064-3.

 

Pour accéder à la production scientifique entière

https://www.researchgate.net/publication/324790810_Trends_in_the_awareness_acceptability_and_usage_of_HIV_pre-exposure_prophylaxis_among_at-risk_men_who_have_sex_with_men_in_Toronto

 

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