L’IMPACT DE L'ABUS SEXUEL CHEZ LES ENFANTS SUR LA FRÉQUENCE DES CAUCHEMARS CHEZ LES JEUNES ADOLESCENTS

PRODUCTION SCIENTIFIQUE |17 mai 2018

Date de publication

 

Mai 2018

 

Résumé original

 

Les cauchemars sont parmi les symptômes les plus fréquemment rapportés par les victimes de traumatismes. La maltraitance des enfants constitue l'un des traumatismes chroniques les mieux documentés, et bien que plusieurs études aient étudié les cauchemars chez les adultes victimes de maltraitance, peu d'entre elles l'ont faite dans les populations adolescente. Nous avons étudié la fréquence des cauchemars chez les adolescents rapportant des antécédents d'abus sexuel par rapport aux adolescents sans antécédent de ce type.

 

402 adolescents (355 filles, 47 garçons, âge moyen = 15,85 ± 0,87 ans) ayant des antécédents d'abus sexuels et 402 non-victimes appariées en fonction de leur âge et de leur sexe ont été sélectionnés parmi un échantillon stratifié représentatif de 8 194 adolescents dans le cadre plus large d'une enquête sur la prévalence de la violence interpersonnelle, des facteurs de risque associés et des conséquences sur la santé mentale dans la province de Québec, au Canada. Les participants ont signalé la fréquence de leur  cauchemar au cours des 6 derniers mois sur une échelle de type Likert, allant de 0 (jamais) à 4 (très souvent).

 

582 (72,4 %) des 804 participants ont déclaré avoir éprouvé des cauchemars au cours des six derniers mois: 59 % ont déclaré avoir des cauchemars rarement, 21 % parfois, 8 % souvent et 12 % très souvent. L'impact de l'abus sexuel dans l'enfance sur la fréquence des cauchemars a été évalué à l’aide d’une régression logistique multivariée. La fréquence des cauchemars a été groupée en deux catégories (jamais/rarement et parfois ou plus) et incluse comme la variable de résultat. Le sexe, l'âge, la victimisation sexuelle, l'abus sexuel intrafamilial et plusieurs autres traumatismes ont été inclus dans un bloc comme variables prédictives. Le modèle était significatif et expliquait 20 % de la variance de la fréquence des cauchemars. Le pourcentage global de participants correctement classifiés était de 75 %. Le fait d’être une femme (OR = 2,36, 1,31-4,27), la victimisation sexuelle (OR = 8,36, 5,52-12,64), l’abus sexuel intrafamilial (OR = 0,62, 0,40-0,098) et plusieurs autres traumatismes interpersonnels (OR = 1,19), 1,07-1,31) sont apparues comme des prédicateurs indépendants significatifs de la fréquence des cauchemars, alors que l'âge n'était pas un prédicateur significatif.

 

La fréquence des cauchemars chez les adolescents est associée au sexe féminin, à la victimisation sexuelle, à la victimisation intrafamiliale et à plusieurs autres traumatismes.

 

Référence

Hébert-Ratté, R., Hébert, M., et Blais, M. (2018). Impact of childhood sexual abuse on nightmare frequency in young adolescents. Sleep, 41(1).DOI : 10.1093/sleep/zsy061.799.

 

Pour demander la production scientifique entière aux auteurs

https://academic.oup.com/sleep/article/41/suppl_1/A297/4988842

 

 

 

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