ÉVALUER L’UTILITÉ D’UN OUTIL DE DÉPISTAGE DE LA DÉTRESSE POUR SAISIR LES PRÉOCCUPATIONS SEXUELLES DANS UNE CLINIQUE DE SUIVI EN GYNÉCO-ONCOLOGIE

PRODUCTION SCIENTIFIQUE | 2 novembre 2017

Karolanne O’Keefe

Date de publication

 

Octobre 2017

 

Résumé original

 

La communication et l'évaluation de la santé sexuelle dans le cadre des soins contre le cancer sont médiocres, malgré les taux élevés de dysfonctions sexuelles chez les survivants du cancer. Des programmes de dépistage des cas de détresse ont été mis en place, en tant que partie intégrante des soins contre le cancer au Canada, dans le but d'accroître l'identification et d'améliorer l'accès au soutien. Les services de santé albertains utilisent un formulaire général de dépistage de la détresse, contenant la liste de vérification des problèmes du Canada (« Canadian Problem Checklist »), qui comprend une liste de problèmes possibles, dont « intimité / sexualité ».

 

Théoriquement, la nature discrète du dépistage de détresse peut réduire l'inconfort des patients au moment de formuler verbalement leurs préoccupations sexuelles et, par conséquent, aider les fournisseurs de soins de santé à identifier les patients nécessitant une intervention. Cette étude vise à déterminer l'adéquation de cet outil de dépistage de détresse dans l'identification des patients atteints de cancer gynécologique qui ont un problème d'intimité / sexualité.

 

Une revue des dossiers a été effectuée pour toutes les visites de suivi dans une clinique de gynécologie-oncologie sur une période d'un an. La fiche de chaque patient a été examinée pour déterminer la prévalence de l'achèvement du formulaire de dépistage de détresse, le nombre de fois que l'item « intimité / sexualité » a été coché et la documentation des mesures prises pour traiter les problèmes d'intimité / de sexualité signalés. Résultats: Sept cent trente visites de patients ont été enregistrées au cours de cette période, des formulaires de dépistage de détresse ayant été trouvés sur 79,0 % (n = 577) des dossiers. Seulement 6 % des patients ont indiqué une inquiétude d'intimité / sexualité sur ce formulaire. Parmi ceux-ci, seulement un tiers avait de la documentation indiquant que leur problème était résolu.

 

Ces résultats remettent en question l'utilité de l'item intimité / sexualité sur la liste de contrôle des problèmes du Canada pour identifier les patients atteints de cancer gynécologique qui ont des problèmes sexuels. En outre, même parmi les patients qui ont exprimé des préoccupations, il existe des preuves démontrant que leurs problèmes sont rarement traités. Les fournisseurs doivent se renseigner directement auprès des patients sur leur santé sexuelle.

 

Référence

M. Walker, L., P. Viliger, M., et W. Robinson, J. (2017). Assessing the utility of a distress screening tool at capturing sexual concerns in a gyne-oncology follow-up clinic. Supportive Care Cancer. DOI : 10.1007/s00520-017-3905-3.

 

Pour demander la production scientifique entière aux auteurs

https://www.researchgate.net/publication/320260685_Assessing_the_utility_of_a_distress_screening_tool_at_capturing_sexual_concerns_in_a_gyne-oncology_follow-up_clinic