UNE LETTRE À L’INFIDÉLITÉ

TÉMOIGNAGE

Mélissa

20 septembre 2016

Chers lecteurs, ceci constitue un défoulement. La composition de ce texte fut comme une sorte de thérapie. Loin de moi le but de blâmer celui qui commet l’adultère.  Loin de moi le but de victimiser celui qui découvre l’infidélité d’un partenaire.

 

En fait, qu’est-ce que l’infidélité? Chacun son opinion. À mon avis, il s’agit d’une limite intransgressible, transgressée. Il s’agit de la violation d’une entente entre deux parties. Les limites sont relatives.

 

Comme écrit plus haut, l’objectif du texte n’est pas de blâmer quiconque. C’est pourquoi je m’adresse à l’infidélité.

 

Une lettre pour toi,

Toi qui, si mesquine, s’est immiscée dans nos vies, dans ma vie. Toi qui semblait exutoire, inoffensive, soldate en première ligne de front, combattant pour son bien-être, portant ombrage à mon être. Toi qui me vide de mes larmes, instrumentalisant mon corps en se servant de lui comme le symbole de la peine. Une lettre pour toi mon amie, toi qui porte le nom d’ infidélité.

 

Toi qui peux m’être infligée parce que je suis femme. La société, ou certains de ses membres, semblent cautionner cet acte tout simplement parce qu’il y a des doubles standards. De par son essence, l’homme serait plus avide de sexualité. Par ailleurs, il aurait même la capacité d’avoir des relations sexuelles sans s’attacher à son (sa) partenaire. Ses désirs ainsi que son cœur seraient dichotomiques alors que du côté de la femme, ces deux choses seraient intrinsèquement liés.

 

De plus, culturellement parlant, un homme, un vrai, un mâle, composé de tous les stéréotypes de genre,  se doit de goûter à la chair de plusieurs femmes. Ce comportement constituerait un signe de virilité. En tout cas, d’où je viens, il en est ainsi. Pour sa part, la femme se doit d’agir différemment. Autrement, elle se fera juger par les gens qui eux-mêmes prônent la règle d’or; ces gens qui crient haut et fort de ne pas faire à son prochain ce qu’on ne voudrait endurer. Donc, je subis. Je subis, car de par ma réalité intersectionnelle, je dois subir.

 

 

Je lève mon verre en ton honneur mon amie, malgré le fait que ton passage me laisse un goût amer. Quand j’ai découvert que mon couple n’était plus une dyade, mais plutôt un trio, je me suis sentie déchirée, anéantie. J’espère encore me réveiller. Certaines personnes considèrent ce genre de situation comme étant banale, alors que pour moi, il s’agit d’un drame véritable.

 

Chaque soir, j’ai l’impression de partager mon lit avec un imposteur. Je me rends compte que mon bonheur n’était qu’utopie. Je croyais avoir un rôle privilégié dans une histoire d’amour unique. Pourtant, je n’étais qu’une actrice de soutien.

 

Comment te sens-tu mon amie? Maintenant que tu es l’unique objet de mes pensées? Maintenant que tu m’amènes à me questionner? Maintenant que je m’efforce de jouer à la femme forte alors que mon âme s’émiette, que ma pyramide s’écroule? Mon estime personnelle est soudainement disparue.  Je suis en deuil de mon idéal de couple.

Maintenant, je marche sans savoir quelle trajectoire empruntée. Je suis perdue, déboussolée. Toi, soldate en première ligne de front, combattant pour son bien-être, peux-tu m’expliquer comment passer à travers les étapes ultérieures? Explique-moi, car ma force est bipolaire.  J’ai souvent envie de tout laisser tomber. Excusez ma vulgarité, mais ma confiance s’est fait violer. Même lorsque je décide de passer l’éponge, mon subconscient s’occupe de me hanter l’esprit, en me faisant cauchemarder. Chaque soir, un nouveau film dans ma tête…

 

Certes, j’ai des choses à modifier chère amie, je l’admets. Tu t’immisces là où il y a des failles. Le couple est une construction et chaque maçon commet des erreurs…

 

 

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