AMOUREUX ET ACTIVISTE DES RONDEURS FÉMININES

TÉMOIGNAGE

José Breton

5 décembre 2016

Pourquoi j’aime les femmes rondes?

 

J’ai cette préférence depuis ma première relation de couple, il y a 30 ans (1986). Cette préférence pour les femmes rondes a grandi, s'est perfectionnée, s'est enrichie avec le temps et avec mon activisme qui a commencé officiellement en 1993, lors du lancement de ma revue T'elle Qu'elle.

 

Lors de ma première relation de couple, j'ai découvert les rondeurs féminines et les sensations agréables qu'elles me font vivre. Ce fut le déclencheur de quelque chose dans ma tête. Comme si mon cerveau était envahi par une apparition de la Vierge Marie, par une illumination ou par une vision du Saint-Esprit.

 

Marqué au fer rouge, je suis bouleversé à vie par cette expérience divine qui m’a fait vivre le nirvana. Cette expérience de sensualité enveloppante m'a fait entrer par la grande porte dans l'univers féminin.

 

En effet, lors de mon adolescence et de ma vie de jeune adulte, mes contacts avec la gent féminine étaient très limités. Je me sentais très éloigné des femmes. J'étais timide et replié sur moi-même.

 

Ma première expérience de couple ne fut pas seulement un choc émotif, mais aussi culturel. La vision que j'avais du corps la femme était formée à partir des femmes que je voyais dans les médias et au cinéma. J'ai réalisé, à ce moment-là, que la minceur ne correspondait pas à la réalité de toutes les femmes.

 

Mon premier contact avec les rondeurs féminines m'a tellement marqué que j'en ai fait ma mission. Ainsi, quelques années après, j'ai décidé de consacrer ma vie à faire la promotion de la beauté des rondeurs féminines.

 

J'aime les femmes rondes par expérience du plaisir et de l'apaisement que leurs rondeurs me procurent.

 

Je suis amateur de femmes rondes, de rondeurs féminines ou du gras féminin parce qu'au toucher, c'est plaisant, tout simplement.

 

Moi, j'adore le corps mou et moelleux de la femme, parce que c'est sensuel à souhait. Serrer un corps rond dans mes bras me procure une grande sensation de réconfort, tellement que j'en perds toute contenance. Je m'abandonne complètement à mon besoin d'être aimé et rassuré.

 

Je me sens petit et sans défense. Je vibre à cette sensation de douceur. Je suis envoûté par un mélange de sensations de fragilité et de prestance que le corps d'une femme ronde me suggère.

 

Caresser et étreindre une femme ronde, c'est un moment de bonheur et de douceur infinie. Ma vie de tous les jours est tellement dure que le contraste avec l'état de bien-être que me procure un corps à corps me donne l'impression de tomber dans un puits sans fond où mon besoin d'être aimé me semble inassouvissable. En d'autres mots, j'aimerais que ce moment de bonheur ne s'arrête pas, de peur qu'il soit le dernier que je puisse vivre.

 

J'aime les femmes rondes parce que j'ai un attachement affectif au plaisir que j'ai en contact avec leurs rondeurs. Je suis attaché émotionnellement aux rondeurs féminines. À la moindre vision d'une rondeur féminine, je suis émotionné et attendri.

 

J'aime les femmes rondes par empreinte affective.

 

Pour moi, les femmes rondes, c'est comme le bon vin. Lors d'un voyage en cyclotourisme que j'ai fait en France, j'ai goûté à un vin blanc vieilli pendant cinq ans dans un vignoble de la Loire. Au Québec, je n'avais goûté qu'à du vin d'épicerie. Ce vin blanc était tellement bon que j'en suis resté marqué. Je n'oublierai jamais cette expérience gustative.

 

Pour moi, une femme ronde, c'est comme un bon vin que seuls les connaisseurs peuvent reconnaître.

 

Emporté par le plaisir, je caresse et étreins aussi par reconnaissance et gratitude. Merci, merci, merci...

 

Emporté par le plaisir et la joie de se sentir aimé, j'ai la sensation d'aimer à la folie la femme qui est dans mes bras.

 

J'aime les rondeurs féminines par un phénomène qui s'apparente à celui de l'empreinte biologique, décrit par le biologiste Konrad Lorenz à partir de l'observation de ses oies cendrées: le premier être vivant que le poussin voit devient sa mère.

 

Ainsi, la première fois que j'ai fait l'expérience du contact avec des rondeurs féminines, j'en suis devenu dépendant. Cette dépendance se transpose en moi en une obsession. Je cherche continuellement ou je demeure vigilant « d'un coup » que je verrais une femme ronde dans la rue, à la télévision ou sur le web. Je suis à l'affût de la moindre rondeur visible.

 

Une obsession qui m'a amené à devenir un activiste pour la promotion de la beauté des rondeurs féminines.

 

Selon moi, si le fat activism existe, c’est parce que les femmes rondes sont victimes d'un contexte social et culturel où elles sont ridiculisées et abusées par l'industrie de l'amaigrissement qui profite de la situation de l'obsession de la minceur.

 

Mon activisme se fait selon ces deux facettes :

 

1) Dénoncer ceux qui vendent des régimes amaigrissants et ceux qui dramatisent l'obésité, que j'appelle les intégristes anti-obésité/malbouffe.

 

2) Offrir des modèles positifs de femmes rondes qui sont bien dans leur peau pour combler le besoin d'identification. Ainsi, en augmentant la visibilité médiatique des femmes rondes dans le genre mannequins/modèles, comédiennes, chanteuses, animatrices et journalistes, les femmes pourraient se dire qu'elles ne sont pas les seules à être rondes.

 

J’ai créé une fondation pour combler ce besoin en 2006, la Fondation belles rondeurs.

 

Je fais mon activisme principalement sur internet sauf lors de ma participation aux quelques manifestations dans les rues. J’ai aussi mis en action mon activisme en me présentant au Gala Artis et aux prix Gémeaux avec des pancartes où il y avait d’inscrit : « Pour plus de femmes rondes à la télévision » et « Les plus belles femmes sont celles qui sont rondes ».

 

Cependant, je vis personnellement de la stigmatisation puisque j’aime les femmes rondes.

 

Je suis victime de moqueries, d'étonnement ou d'incompréhension de la part de mon entourage. Je rencontre peu d'hommes avec qui je peux partager ma passion pour les femmes rondes. Je reste discret, j'en parle peu.

 

J'évite de lancer le sujet de peur de provoquer un malaise. Cela fait partie de mon intimité et mon intimité, je la partage seulement à ceux avec qui j'ai confiance.

 

Comme activiste pro-rondeurs féminines, je vais sur la place publique et là les commentaires sont plus méchants et méprisants envers moi et les femmes rondes. La chose la plus difficile à vivre ne sont pas les insultes, mais le rejet ou le fait qu'on m'ignore côté professionnel.

 

Je défends les indéfendables. Je ne peux pas être pris au sérieux à défendre les femmes qui sont ridiculisées dans la société.

 

On m'accuse de faire la promotion de l'obésité.

 

L'état québécois a dépensé 400 millions lors des dix dernières années pour lutter contre la prétendue épidémie d'obésité (Fonds pour la promotion des saines habitudes de vie). Cette fausse cause a dominé l'agenda du Québec. Je n’ai pas vu de mesures pour aider les femmes à développer une image corporelle positive.

 

Les féministes traditionnelles m'accusent d'être sexiste, de considérer les femmes comme des objets en diffusant des images qui encouragent l'hypersexualisation.

 

Au Québec, la cause du fat acceptance ou du size activism n'occupe aucune place parce que celle-ci est seulement considérée comme une curiosité par le conseil du statut de la femme et les autres organismes féministes.

 

Pour vous faire comprendre à quel point je suis victime de stigmatisation, après 23 ans d'activisme pour les femmes rondes, je n'intéresse plus personne au Québec. Parmi mes 1100 amis Facebook, seules quinze sont des femmes québécoises. Personne ne suit ce que je diffuse sur le web. Personne n'essaie de me rejoindre pour discuter avec moi. Je suis totalement isolé.

 

En gros, je ne suis pas pris au sérieux. On me fait sentir comme un imbécile. D'où mon exposition « Je suis un imbécile » à Folie Culture au mois de septembre dernier (2016).

 

Par exemple, je me suis présenté aux élections provinciales au printemps 2014. La seule entrevue que j'ai obtenue fut avec Dominic Morais, à Radio X, pour rire de moi parce que j'aime les grosses femmes. Aucune radio communautaire et aucun journal régional n’a parlé de ma candidature aux élections provinciales.

 

Par mon activisme, j’aimerais que la souffrance des femmes rondes en lien avec leur image corporelle (grossophobie) soit reconnue au même titre que celle des homosexuel-le-s avec l'homophobie.

 

Si cette souffrance était reconnue:

 

- Les médecins, les nutritionnistes et les kinésiologues cesseraient de dire qu’il faut être mince pour être en santé.

 

- Le message: « On peut tous être en en santé peu importe son poids » serait le seul reconnu et diffusé. (Pourtant, à mes yeux, la santé n’est pas une question de poids)

 

- La guerre contre la prétendue épidémie d’obésité cesserait.

 

- On verrait plus de femmes rondes et de rondeurs féminines à la télévision.

 

- Les médias parleraient plus souvent des femmes rondes qui se démarquent par leur beauté (par exemple, Justine Legault).

 

- La discrimination contre les femmes rondes serait jugée durement.

 

- Les hommes seraient à l’aise d'affirmer qu'ils préfèrent sexuellement les femmes rondes, n'ayant plus peur d'être ridiculisés.

 

J’aimerais que la société change pour permettre l’acceptation des femmes rondes.

 

J’aimerais pouvoir vivre ma sexualité de façon plus satisfaisante sans être discriminé.

 

 

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